La Maison pour la danse est heureuse de dévoiler les artistes en danse sélectionnées pour les 3 Labos libres de l’automne 2026. Les chorégraphes et interprètes Sara Nadon, Gabriel « Gabba » Jobin et Sarah Pisica bénéficieront respectivement de 5 jours dans un studio de la Maison avec leur équipe de création.

La sélection des candidatures a été réalisée par la Maison pour la danse et son comité artistique avec un souci d’équilibre entre les artistes de la relève, intermédiaires et établi·es. Les labos sont offerts à l’ensemble de la communauté de la danse dans un désir de mixité, de représentativité, d’inclusion et de diversité.

Pour découvrir le travail des artistes en studio et assister à leurs sorties de labos, le grand public est invité à rester à l’affût de nos actualités sur Facebook et Instagram.

Les artistes et leur projet en danse

© Stéphane Bourgeois

Projet de création 

L’œuvre pluridisciplinaire De la musique pour les yeux, commencée en 2025 dans le cadre du programme de mentorat de la Maison pour la danse, s’ancre dans la représentation de l’art artisanal. Sara Nadon déconstruit la fabrication d’objets artisanaux, recentrant le regard sur l’activité manuelle quotidienne à leur origine. C’est l’artisanat, à la manière d’un chef d’orchestre, qui guide le mouvement créatif de la pièce et lie danse contemporaine, musique concrète, jeu et technique de scène. En émerge une symbiose entre mouvements musicaux et dansés : la musique est la danse, et la danse, la musique.

Les interprètes utilisent des objets reliés aux métiers d’art du textile : machine à coudre, tissus, ciseaux et autres outils utiles en couture, mais aussi des objets du quotidien et un instrument original fabriqué avec des matériaux recyclés. Le tout est calculé au métronome près. Le souhait de la chorégraphe est que la pièce soit dirigée exclusivement par la musique jouée en direct.

*Ce laboratoire est nommé en la mémoire de Lydia Wagerer, qui a durablement marqué la communauté de la danse.

Équipe de création  

  • Chorégraphie : Sara Nadon
  • Interprétation et collaboration : Julia Frison, Laurence Marin, Alice Villeneuve, Sara Nadon
  • Mentore : Marie-Chantale Béland

À propos de Sara Nadon

Sara Nadon est interprète et artiste en danse contemporaine diplômée de la Formation supérieure de L’École de danse de Québec. Passionnée par plusieurs médiums artistiques comme : la danse, la peinture, la musique, l’artisanat et le théâtre.

Elle travaille présentement sur sa première œuvre pluridisciplinaire De la musique pour les yeux, où elle mélange la danse contemporaine, le jeu, la musique en direct et l’artisanat. Elle fait aussi partie du spectacle Citadelle, où elle travaille en collaboration avec les artistes Cloé Arias, Lila Dubois Pagesse, Audrey Dupont, Anne-Charlotte Lajoie et Alice Villeneuve. Elle travaille aussi sur la co-création avec Julia Frison d’un duo de danse clownesque pour la scène jeune public. Ce duo met en lumière plusieurs instants du quotidien entre deux êtres fusionnels et la force de leur relation. Les relations dans les fratries sont parfois étranges et inexplicables et c’est cette ambiguïté que nous cherchons à explorer.

Son travail se veut provocateur tout en douceur et avec amusement, car il est toujours plus facile de comprendre une problématique en riant de bon cœur, sans pour autant la banaliser.

Gabriel « Gabba » Jobin – 12 au 16 octobre

Projet de création 

Gabriel Jobin s’inspire de son premier solo créé pour Osez en solo! 2022, une rencontre entre sa pratique initiale, le break, et l’univers du contemporain alors territoire inexploré pour lui. Il revisite la pièce à la lumière de ses expériences des quatre dernières années.

« J’ai approché ce solo en réfléchissant sur comment l’égo et la passion s’entremêlent dans l’esprit lorsqu’il est temps de performer. Comment rester authentique dans la quête de plaire. La liberté que crée l’aisance.
Je décompose les bases du break, les chemins de ce langage complexe bien ancré dans mon corps. Le tout se déroule dans un voyage qui traverse la découverte de soi, la prise de conscience, la prise de confiance, la réaction à l’échec, l’humilité, la vulnérabilité sans la fragilité, et un sentiment d’inclusion et de communauté. »

Équipe de création

Oeil extérieur : Jeanne Forest-Soucy
Création musicale : Roger Cournoyer

À propos de Gabriel « Gabba » Jobin

Faisant ses débuts en 2000 en break, Gabriel a tourné à travers le Canada une bonne partie de sa carrière. En commençant par plus 500 spectacles jeunesse interactifs, en passant par plusieurs autres productions de la compagnie 360 MPM et quelques émissions télévisées dont les plus notoires sont Danser pour gagner et Révolution. Beaucoup d’expériences de scène dès un très jeune âge ont amené un charisme assez unique chez le jeune danseur.

L’abondance scénique l’amène à se recentrer sur lui-même. Fasciné par le concept de freestyle, il décide d’approfondir son vocabulaire personnel de danseur. Dès lors, il développe ses propres systèmes en les mélangeant à ceux des pionniers de son art. Le break est une danse sévère et les fondateurs en sont très protecteurs. Contrairement à certains styles de danse, il y a une marche à suivre et elle est très importante. Le respect des fondations est impératif, le tout en innovant pour avoir son propre style et sortir du lot. Gabriel traduit donc cela par une quête de « Nouveauté nostalgique perpétuelle ».

De fil en aiguille, son intérêt pour le crédo hip-hop s’élargit et il se laisse séduire par l’univers contemporain. Aujourd’hui, il évolue dans différents projets, dont Le sacre de Lila de la compagnie Destins Croisés. Sa quête est de mettre en osmose la culture hip-hop et celle du contemporain. Comment ces connaissances, ces cultures et ces valeurs peuvent se rencontrer pour créer un langage unique et propre à chacun.

Sarah Pisica – 9 au 13 novembre

© Elias Djemil-Matassov

Projet de création 

Depuis longtemps, je suis intriguée par les raves et par tout ce qui les entoure : la danse, la défaillance et la résistance du corps, l’alliance entre l’individualité et le collectif, l’ivresse, l’amour, la colère, la drogue, l’alcool, la connexion éphémère et pourtant puissante. Très jeune déjà, j’observais ces êtres qui, le temps d’une nuit, se laissent traverser par la musique jusqu’à ce que le mouvement prenne possession du corps.

Cette fascination me pousse aujourd’hui à questionner la répétition de mouvement et la transe en tant que moteurs dramaturgiques. Comment un mouvement minimal répété affecte-t-il l’endurance et l’identité du·de la danseur·euse? Quel est l’impact de ce mouvement répété sur la perception du public? Ma source d’inspiration historique est l’épidémie de danse survenue à Strasbourg en 1518. Une femme a commencé à danser sans s’arrêter durant des jours. Très vite, de plus en plus de personnes l’ont imité. De là est née en moi l’idée de mettre en parallèle cet épisode de chorémanie avec l’expérience des raves. Deux situations où la danse dépasse la volonté individuelle et contamine le collectif, où le geste se répand comme forme d’expression. À travers mon solo Rave 1518 (titre provisoire), je vise à explorer ce fil qui relie l’intime au collectif. Je souhaite interroger à quel moment la répétition d’un mouvement bascule du simple exercice à la transe. Qu’est-ce qui dans le rythme, la durée, la fatigue conduit à exprimer des émotions comme la joie, la rage, l’angoisse sans pour autant aller jusqu’à l’épuisement?

Équipe de création

  • Regard extérieur : Léa Ratycz-Légaré

À propos de Sarah Pisica

Après avoir découvert la danse par les claquettes, Sarah étudie à l’Académie royale des Beaux-Arts de Bruxelles, section danse. Rapidement, Sarah élargit son champ d’exploration à travers de nombreuses formations, notamment à Charleroi Danse ainsi qu’à l’École des Sables, au Sénégal, sous la direction de Germaine Acogny. En 2017, Sarah intègre L’École de danse de Québec, dont elle est diplômée en 2020.

Depuis la fin de ses études, Sarah a eu l’opportunité de collaborer avec plusieurs artistes et chorégraphes de la scène québécoise, dont Danse K par K, Annie Gagnon, Léa Ratycz-Légaré, Nelly Paquentin, Alice Vermandele, Angélique Amyot, Harold Rhéaume (Le fils d’Adrien danse) et Valérie Pitre. La collaboration occupe une place essentielle dans sa pratique. Sarah aime créer dans le dialogue, là où les idées se transforment au contact des autres et où les disciplines se rencontrent. Pour elle, la création est un espace vivant où l’écoute, le jeu et l’imprévu deviennent des moteurs de recherche.

Dans sa démarche artistique, Sarah s’intéresse à ce qui est en devenir : les gestes inachevés, les fragilités, les maladresses et les élans qui échappent à la perfection. Elle cherche une danse qui laisse apparaître la vérité des corps, sans masquer leurs contradictions ni leurs singularités. Son travail accorde une place à l’imprévu, à l’écoute et à la présence, dans une volonté de créer des œuvres sensibles où l’humain demeure au centre de l’expérience.


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